# GoPro en plongée : réglages, filtres et accessoires

> Une GoPro sortie du carton et emmenée à 20 mètres produit des images bleues, plates et décevantes. Ce n'est pas un défaut de la caméra : c'est de la…

Une GoPro sortie du carton et emmenée à 20 mètres produit des images bleues, plates et décevantes. Ce n'est pas un défaut de la caméra : c'est de la physique. L'eau absorbe les longueurs d'onde du spectre visible dans un ordre précis, et le rouge part le premier. Le réglage de la balance des blancs, l'usage d'un filtre correcteur ou d'un éclairage vidéo, et surtout la distance à votre sujet font toute la différence entre une vidéo qu'on efface et une vidéo qu'on regarde deux ans plus tard. 

 La bonne nouvelle, c'est qu'aucune de ces solutions ne coûte cher. Un filtre rouge se trouve autour de 15 à 30 euros, un réglage de balance des blancs est gratuit, et la règle de la distance ne coûte rien du tout. La mauvaise nouvelle, c'est qu'aucune ne se rattrape au montage : une image dont le canal rouge est vide ne contient tout simplement plus l'information, et aucun logiciel ne l'inventera correctement. 

 Ce guide décrit ce qui se passe réellement sous l'eau, les réglages qui comptent en Guadeloupe où la lumière est généreuse, la question du caisson et de la profondeur maximale, l'éclairage, le cadrage, et le protocole de rinçage qui décide si votre caméra survivra à trois saisons de sel. 

## Pourquoi le rouge disparaît, et à quelle profondeur

 La lumière blanche du soleil contient toutes les couleurs. L'eau de mer les absorbe à des vitesses différentes, en commençant par les grandes longueurs d'onde. Le rouge s'éteint entre 4 et 6 mètres. L'orange suit vers 8 à 10 mètres. Le jaune disparaît autour de 15 à 20 mètres. Le vert résiste jusqu'à 25 ou 30 mètres. Le bleu voyage le plus loin, ce qui explique la teinte dominante de toutes les images sous-marines non corrigées. 

 Cette absorption ne dépend pas seulement de votre profondeur, mais de la distance totale parcourue par la lumière . Si vous filmez une gorgone à 18 mètres de fond, en vous tenant à 3 mètres d'elle, la lumière a traversé 18 mètres pour descendre plus 3 mètres pour revenir à l'objectif, soit 21 mètres d'eau. C'est ce chiffre qui compte. Approchez à 50 centimètres et vous ramenez le trajet retour à presque rien. 

 Deuxième conséquence, souvent négligée : l'eau diffuse aussi la lumière. Plus vous filmez de loin, plus la couche d'eau entre vous et le sujet ajoute un voile bleuâtre, atténue le contraste et efface les détails. La règle d'or de la vidéo sous-marine tient donc en cinq mots : approchez, approchez encore, puis approchez . Un sujet à 40 centimètres filmé sans filtre donne souvent un meilleur résultat qu'un sujet à 3 mètres filmé avec tout l'équipement du monde. 

## Les filtres correcteurs : quand, lequel, pourquoi

 Un filtre sous-marin est un verre teinté qui coupe une partie du bleu et du vert pour rétablir un équilibre approximatif entre les canaux. Il ne rajoute pas de rouge, c'est important de le comprendre : il enlève du bleu. Il fonctionne donc uniquement si un peu de rouge subsiste dans la scène, c'est-à-dire en lumière naturelle, dans les premiers mètres. 

### Le filtre rouge

 C'est le plus courant, destiné à l'eau bleue tropicale. Il donne d'excellents résultats entre 5 et 15 mètres environ. En Guadeloupe, sur les tombants de la réserve autour des îlets Pigeon, c'est la plage où vous passerez la moitié de vos plongées. Au-delà de 20 mètres, il assombrit l'image sans plus rien corriger, parce qu'il ne reste presque plus de rouge à révéler. 

### Le filtre magenta

 Destiné à l'eau verte, typique des lacs, des carrières et de certaines eaux côtières riches en plancton. Il coupe le vert plutôt que le bleu. Utilisé en mer des Caraïbes, il donne des tons violacés peu naturels. 

### Le filtre violet ou rose foncé

 Pensé pour l'eau bleue profonde, au-delà de 15 mètres. Il est plus dense et se comporte mieux que le rouge classique quand la scène s'assombrit. 

### Ce qu'un filtre ne fait jamais

 Un filtre coûte de la lumière. Comptez une perte de l'ordre d'un diaphragme, parfois plus. En fin de journée, sous un surplomb, dans une épave, l'image devient bruitée. Un filtre est également inutile, voire nuisible, dès que vous utilisez un éclairage artificiel : votre phare restitue déjà toutes les couleurs, et le filtre ne fera que déséquilibrer le rendu. La règle est simple : filtre en lumière naturelle, pas de filtre avec des phares, et surtout jamais les deux en même temps. 

 Une dernière remarque pratique : les filtres à clipser se perdent. Attachez le vôtre au caisson par un petit cordon, ou choisissez un modèle vissé. Chaque année, des filtres finissent leur carrière sur les fonds de Malendure. 

## Balance des blancs et réglages de la caméra

 La balance des blancs indique à la caméra quelle température de couleur considérer comme neutre. Sous l'eau, en mode automatique, la caméra voit une image massivement bleue et la considère comme normale. Résultat : elle ne corrige presque rien. 

 Les modèles récents proposent une balance des blancs manuelle exprimée en kelvins. Pour de l'eau bleue tropicale entre 5 et 20 mètres, un réglage autour de 5500 à 6500 K constitue un bon point de départ, à ajuster selon le rendu. Certains menus proposent aussi un profil natif ou plat, qui enregistre une image volontairement peu contrastée pour conserver le maximum d'information à corriger ensuite. C'est le bon choix si vous acceptez de passer du temps en post-production, un mauvais choix si vous voulez partager la vidéo le soir même. 

### Résolution et cadence

 Le 4K à 30 images par seconde est le réglage polyvalent par défaut : bon niveau de détail, fichiers gérables, possibilité de recadrer légèrement au montage. Le 4K à 60 images par seconde permet un ralenti propre à 50 %, agréable pour une tortue qui remonte respirer ou un banc de poissons qui se retourne. Le 1080p à 120 images par seconde donne des ralentis très marqués mais perd en définition, et sous l'eau la définition est déjà mise à mal par la diffusion. 

 Pensez à l'autonomie et au stockage. Une batterie tient de l'ordre de 60 à 90 minutes en 4K, moins en eau fraîche, parce que le froid réduit la capacité. Une plongée de 45 minutes filmée en continu consomme une batterie et remplit 20 à 30 gigaoctets. Emportez trois batteries et deux cartes rapides plutôt qu'une carte énorme et une seule batterie. 

### Le champ de vision

 L'ultra grand-angle, très large, exagère les distances et éloigne visuellement le sujet. Sous l'eau, il pousse mécaniquement à filmer de plus près, ce qui est bénéfique, mais il déforme les bords. Un champ plus resserré, souvent nommé linéaire, redresse les lignes et donne un rendu plus naturel pour filmer un binôme ou une structure d'épave. Alternez selon le sujet : large pour les ambiances et les tombants, linéaire pour les portraits et les plans rapprochés. 

## Le caisson, la profondeur et le mode plongée

 Les GoPro récentes sont étanches par elles-mêmes à une profondeur limitée, généralement annoncée autour de 10 mètres par le constructeur. C'est suffisant pour du snorkeling sur les spots accessibles depuis le bord , pas pour de la plongée bouteille. 

 Pour descendre plus bas, il faut un caisson dédié, généralement annoncé pour 40 à 60 mètres selon les modèles. Le caisson apporte autre chose que l'étanchéité : il protège l'optique des rayures, il permet de fixer les filtres, il donne des boutons manipulables avec des gants. Il a un inconvénient, la vitre plane, qui réduit le champ de vision réel d'environ un quart et introduit une légère aberration chromatique sur les bords. Les hublots dôme, plus volumineux, corrigent ce défaut et permettent les plans mi-air mi-eau. 

 Trois habitudes évitent 90 % des noyades de caméra. D'abord, inspecter le joint torique avant chaque plongée : un cheveu, un grain de sable, un fil de serviette suffisent. Ensuite, ne jamais ouvrir le caisson les mains mouillées ou sur un pont ruisselant, mais attendre d'être au sec. Enfin, faire un test de descente à vide sur la première plongée du séjour, caméra dedans mais mise en marche vérifiée, pour valider l'étanchéité avant de partir sur un site éloigné. 

 Un mot sur la flottabilité : un caisson est souvent légèrement négatif et coule. Un flotteur, une poignée mousse ou une dragonne au poignet évitent la mauvaise surprise. Ajoutez ces accessoires à votre liste de matériel avant le départ , ils se retrouvent rarement en boutique sur place. 

## L'éclairage vidéo : le seul moyen de retrouver les vraies couleurs

 Un phare vidéo réintroduit physiquement le rouge et l'orange que l'eau a absorbés. C'est la seule solution qui fonctionne en profondeur, sous un surplomb, dans une épave ou de nuit. 

 Deux caractéristiques comptent. La puissance , exprimée en lumens : de 1000 à 2000 lumens pour un usage rapproché, 2500 à 5000 lumens pour éclairer une scène plus large. Et l' angle de faisceau : un phare vidéo doit ouvrir à 100 degrés ou plus, sinon vous obtenez un cercle lumineux au centre d'une image sombre. Un phare de plongée classique, à faisceau étroit, est inadapté à la vidéo. 

 Le positionnement compte autant que la puissance. Deux phares écartés sur des bras articulés, orientés légèrement vers l'extérieur, éclairent le sujet sans illuminer les particules situées juste devant l'objectif. Un phare unique placé dans l'axe de la caméra produit systématiquement des points blancs, la fameuse neige marine renvoyée vers vous. Si vous ne disposez que d'un phare, décalez-le sur le côté et vers le haut. 

 L'éclairage change aussi votre rapport aux animaux. Un faisceau puissant braqué dans les yeux d'un poisson le fait fuir, et de nuit il peut le désorienter durablement. Cette question de la lumière et du dérangement se pose de manière très concrète en plongée nocturne , où l'éclairage est à la fois l'outil et le risque. 

## Cadrage, mouvement et approche des animaux

 Le principal défaut des vidéos amateurs sous-marines n'est ni la couleur ni la définition : c'est le mouvement. Une caméra qui balaye en permanence produit une image que personne ne regarde jusqu'au bout. 

 Filmez en plans fixes de 8 à 15 secondes. Stabilisez-vous, cadrez, comptez lentement jusqu'à dix, puis coupez. Vous rentrerez avec quinze plans exploitables plutôt qu'avec quarante minutes d'images inutilisables. Si vous devez bouger, faites-le très lentement, en vous déplaçant à la palme plutôt qu'en tournant le poignet. 

 Filmez légèrement en contre-plongée, c'est-à-dire depuis le dessous du sujet vers la surface. Cela donne de la présence à l'animal, cela utilise la lumière naturelle en arrière-plan, et cela évite le fond sableux uniforme qui aplatit tout. Le pire angle est la plongée verticale sur un poisson posé sur le sable. 

### Approcher sans déranger

 La règle de base : ne poursuivez jamais. Un animal poursuivi fuit, et votre plan est raté de toute façon. Positionnez-vous, restez immobile, laissez-le venir. Les tortues vertes qui broutent sur les herbiers se laissent approcher si vous restez à distance, sans bulle projetée sur elles et sans mouvement brusque. Les raies pastenagues supportent mal les approches par le dessus, qui reproduisent la signature d'un prédateur. 

 Ne touchez rien, ne posez ni palme ni genou sur le corail, ne déplacez pas un animal pour améliorer un cadrage. Certaines de ces pratiques sont d'ailleurs encadrées par la réglementation dans les espaces protégés, et notamment dans le périmètre du Parc national de la Guadeloupe et dans le sanctuaire Agoa. Les règles à respecter pour nager avec les tortues à Malendure valent comme référence générale pour toute rencontre avec la faune. 

 Un dernier point trop souvent oublié : la caméra détourne l'attention. Un plongeur qui filme surveille moins son ordinateur de plongée , son manomètre et son binôme. Prenez l'habitude de vérifier vos paramètres toutes les deux ou trois minutes, et ne sortez la caméra que quand vous êtes réellement à l'aise avec la plongée elle-même. Beaucoup de dépassements de paliers et de remontées mal maîtrisées commencent par une belle image que l'on ne voulait pas rater. 

## Entretien après l'eau salée

 Le sel est l'ennemi principal. Il cristallise dans les boutons, les charnières, les joints, les micro-fentes du caisson, et il finit par bloquer les commandes ou par provoquer une entrée d'eau. 

 Le protocole tient en quatre étapes. Rincez le caisson fermé, caméra à l'intérieur, dans un bac d'eau douce pendant au moins quinze à vingt minutes, en actionnant les boutons plusieurs fois sous l'eau. Sortez, secouez, séchez l'extérieur avec un chiffon propre. Ouvrez seulement une fois tout est sec, sur une surface sèche. Enfin, retirez le joint torique, nettoyez-le entre deux doigts, essuyez sa gorge, et remettez-le sans le graisser excessivement, une fine pellicule de graisse silicone suffit et un excès attire les poussières. 

 Ne posez jamais le caisson au soleil pour le sécher : la chaleur déforme les joints et fatigue les plastiques. Retirez les batteries si vous ne plongez pas pendant plusieurs semaines, et stockez le caisson ouvert ou entrouvert, pour éviter que le joint reste comprimé en permanence. Le principe est le même que pour un masque de plongée ou une combinaison : ce qui tue le matériel, c'est le sel séché et le soleil, pas l'eau de mer elle-même. 

## Questions fréquentes

### Faut-il un filtre rouge si j'utilise des phares vidéo ?

 Non. Un phare restitue déjà le spectre complet. Ajouter un filtre par-dessus déséquilibre l'image et lui donne une dominante chaude peu naturelle. Retirez le filtre dès que vous allumez vos phares, et remettez-le si vous les éteignez pour un plan d'ambiance en lumière naturelle. 

### À quelle profondeur un filtre rouge cesse-t-il d'être utile ?

 En pratique, entre 18 et 20 mètres en eau bleue claire. Au-delà, il ne reste plus assez de rouge dans la scène pour que le filtre ait quelque chose à révéler, et il se contente d'assombrir l'image. Certains filtres violets, plus denses, restent pertinents un peu plus bas. 

### La stabilisation électronique fonctionne-t-elle sous l'eau ?

 Oui, et plutôt bien, parce que les mouvements sous-marins sont lents et amples plutôt que saccadés. Elle recadre légèrement l'image, ce qui rogne le champ de vision, et elle consomme de la batterie. Sur un caisson à vitre plane qui réduit déjà le champ, ce recadrage peut être gênant. Testez les deux configurations sur une plongée. 

### Peut-on emmener une GoPro à un baptême de plongée ?

 Techniquement oui, mais la plupart des encadrants le déconseillent, et beaucoup l'interdisent. Un premier contact avec l'eau demande toute votre attention : équilibrer les oreilles, respirer calmement, gérer sa flottabilité. Un objet dans les mains parasite ces apprentissages. Les clubs proposent souvent des photos ou vidéos réalisées par le moniteur, c'est la meilleure solution pour une première fois. 

### Comment éviter la buée dans le caisson ?

 Fermez le caisson dans un endroit sec et frais, jamais sur un pont chaud et humide. Utilisez des pastilles anti-humidité placées à l'intérieur, elles coûtent quelques euros la boîte. Le phénomène apparaît surtout quand un caisson fermé en air chaud et humide se retrouve plongé dans une eau plus fraîche. 

### Vaut-il mieux filmer ou photographier avec une GoPro ?

 La vidéo reste le terrain naturel de ce type de caméra, grâce au grand-angle et à la stabilisation. Pour la photo, le capteur et l'absence de flash déporté limitent le résultat en profondeur. Une astuce efficace consiste à filmer en 4K puis à extraire des images fixes au montage : la définition obtenue suffit largement pour un partage en ligne ou un tirage de petit format.

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Source : https://couleurplongee.fr/blog/gopro-en-plongee-reglages-filtres/
